Les modèles dits « intemporels » enregistrent en 2025 des pics de ventes supérieurs à ceux des collections capsules, pourtant portées par un marketing agressif. Les plateformes en ligne dictent désormais jusqu’à 70 % du volume écoulé sur certains segments, inversant la dynamique des réseaux physiques traditionnels.
Dans le même temps, le marché du prêt-à-porter féminin en France affiche une progression contrastée : croissance à deux chiffres pour les enseignes pure players, stagnation pour les acteurs historiques. L’essor de la seconde main et la montée des collections écoresponsables bouleversent les classements, tandis que les best-sellers ne correspondent plus forcément aux attentes saisonnières établies.
Le marché du prêt-à-porter féminin en France : état des lieux et dynamiques en 2025
Impossible d’ignorer la secousse qui parcourt le marché du prêt-à-porter féminin en France. La digitalisation rebat les cartes : en 2025, le commerce en ligne s’arroge près d’un tiers de la valeur totale des achats d’habillement. Selon l’Institut Français de la Mode (IFM), les habitudes de consommation basculent, entraînées par la montée irrésistible de la seconde main. En 2023 déjà, la mode circulaire générait 6,8 milliards d’euros, et la courbe ne cesse de grimper avec une progression annuelle attendue de 12 % jusqu’en 2030. Face à ces chiffres, les enseignes historiques cherchent la parade, mais la concurrence venue des plateformes et des nouveaux venus internationaux monte en puissance.
Pour les consommatrices françaises, la mode éthique n’est plus une option. La durabilité et la traçabilité bousculent la hiérarchie traditionnelle, poussant les marques françaises à revoir leur organisation en profondeur. La Responsabilité Élargie du Producteur impose de nouvelles exigences : il faut repenser la chaîne d’approvisionnement, se soumettre à une réglementation plus stricte. Les collections éco-conçues, la transparence sur l’origine des matières et l’innovation textile deviennent des arguments de poids dans la bataille commerciale.
Le secteur du luxe, toujours envié, conserve une part de marché solide avec un quart des ventes totales. Pourtant, il doit désormais composer avec des clientèles plus averties et une rivalité internationale exacerbée. À l’inverse, la fast fashion et l’ultra fast fashion voient leur modèle contesté : la pression sociale et l’attrait croissant pour la mode circulaire grignotent leur hégémonie. Pendant ce temps, le marché du sport explose : +15 % en 2023, +18 % en 2024, porté par l’engouement pour le sport chic et la montée en gamme vers des produits écoresponsables.
Le prêt-à-porter enfant n’est pas en reste. Entre stratégies de prix agressives, cadeaux de naissance et ouverture vers l’Asie ou le Moyen-Orient, la mode enfant s’ajuste à une demande internationale en constante évolution, oscillant entre respect des traditions et innovations audacieuses.
Quelles tendances façonnent les vêtements les plus vendus cette année ?
En 2025, les vêtements les plus vendus incarnent un changement d’époque. La seconde main s’impose avec vigueur : 18 % des achats de mode en ligne en France, portée par la puissance de Vinted, qui concentre à lui seul 9 % des ventes de mode et 60 % du marché de la seconde main. D’autres plateformes, à l’image de Le Bon Coin ou Vestiaire Collective, alimentent la dynamique. L’accessibilité des prix et la quête de responsabilité séduisent un public large.
Dans ce paysage mouvant, les géants internationaux bousculent les repères. Shein et Temu captent chacune 16 % des volumes d’achats d’habillement en ligne, tirant avantage de prix ultra-compétitifs et d’une logistique redoutable. Les rayons shirts, pantalons, survêtements ou robes se renouvellent à toute allure, alimentés par l’ultra fast fashion et la viralité sur les réseaux sociaux.
La mode circulaire s’organise autour de plusieurs grands axes :
- Les grandes enseignes comme Zara, H&M ou Kiabi proposent désormais la revente au sein de leur écosystème.
- Des marques comme Promod s’engagent dans l’éco-conception.
- Des collections limitées, collaboratives et communautaires voient le jour chez Sézane.
Ce mouvement fait la part belle à l’authenticité, la durabilité et la proximité. Les plus jeunes recherchent la singularité : pièces uniques, collaborations avec des artistes ou créateurs locaux, engagement affiché des marques. Les acteurs éthiques tels que Faguo, Veja ou WeDressFair gagnent du terrain, tandis que les labels (Fairtrade/Max Havelaar, GOTS) s’invitent de plus en plus dans les catalogues. Le marché s’adapte : du sportswear technique à la mode enfantine, du vêtement de pluie à la pièce artisanale, la diversité prime, portée par des consommateurs toujours plus exigeants et un commerce en ligne omniprésent.
Le e-commerce, moteur de transformation pour la mode et les habitudes d’achat
Le commerce en ligne redessine la carte de la mode. En 2025, il représente déjà près d’un tiers des achats d’habillement en valeur, selon l’Institut Français de la Mode. Les canaux digitaux s’imposent, forçant plateformes internationales, spécialistes de la seconde main et enseignes traditionnelles à rivaliser d’agilité et d’inventivité pour séduire des clients plus volatils que jamais.
La montée en puissance de Shein, Temu, Vinted ou Vestiaire Collective s’appuie sur une technologie pointue. L’expérience se personnalise à l’extrême grâce à l’intelligence artificielle : Heuritech affine le décryptage des tendances issues des réseaux sociaux, Sandro développe des solutions pour guider le choix de la taille, The Kooples imagine des collections générées par IA. L’objectif ? Rendre l’achat plus fluide, anticiper le désir, transformer chaque commande en expérience sur-mesure.
Les maisons de luxe investissent dans la traçabilité et l’authenticité en s’appuyant sur la blockchain. LVMH, Prada, OTB ou Cartier participent à l’Aura Blockchain Consortium, tandis que FibreTrace propose des solutions pour garantir la provenance des textiles. La réalité augmentée et la réalité virtuelle, déployées par Retail VR ou Epic Games, révolutionnent l’essayage et démocratisent l’accès aux défilés numériques.
Cette nouvelle donne numérique fait émerger des usages hybrides. On découvre de nouvelles marques via la seconde main, on construit la fidélité sur la transparence et l’interactivité. Les frontières entre boutique physique et expérience digitale s’effacent, posant de nouveaux repères pour toute l’industrie.
Repérer les produits phares à vendre en ligne et saisir les opportunités de 2025
Pour identifier les relais de croissance, il faut observer les tendances fortes : la seconde main s’impose comme une évidence. En 2025, elle pèse déjà 18 % des achats de mode en ligne en France, largement portée par Vinted qui domine le segment. Ce canal attire pour son accessibilité tarifaire, son renouvellement rapide, son positionnement responsable. Les jeunes générations, notamment, affichent une préférence marquée pour la durabilité, l’authenticité et les valeurs d’engagement.
Les mastodontes internationaux Shein et Temu s’emparent chacun de 16 % des dépenses d’habillement en ligne. Leur force : des prix imbattables, une logistique bien huilée et une capacité à flairer les tendances. Mais l’ultra fast fashion fait face à une pression croissante. Les grandes enseignes, à l’image de Zara, H&M ou Kiabi, investissent la mode circulaire et intègrent ces démarches à leur stratégie globale.
Plusieurs axes stratégiques émergent pour les marques et distributeurs :
- Les collections limitées et exclusives, telles que celles de Sézane, suscitent l’enthousiasme et fidélisent les clients les plus exigeants.
- Une proximité client renforcée, cultivée par Loom ou Patine, redéfinit la relation à la marque et accroît l’attachement.
- Les collaborations originales entre marques et artistes locaux créent la surprise et renouvellent sans cesse l’offre.
La location de vêtements et l’essor des ateliers de réparation s’installent durablement. Ces nouveaux services deviennent des outils puissants de fidélisation, de différenciation et de circularité. Le segment sport, dynamisé par la tendance sport chic, poursuit sa croissance, attirant des marques comme Faguo ou Veja qui misent sur la traçabilité et l’éco-conception. Les labels GOTS ou Fairtrade/Max Havelaar, garants de confiance, s’inscrivent désormais dans les critères de choix des consommateurs.
Le marché de la mode, en pleine mutation, ne se contente plus de répéter les recettes du passé. Les cartes sont rebattues : chaque acteur, du géant du digital au créateur local, doit apprendre à jouer une nouvelle partition. Les gagnants de demain ? Ceux qui sauront conjuguer innovation, transparence et proximité, tout en restant à l’écoute d’une clientèle plus éveillée que jamais.


