Plan de mobilité : définition, objectifs et enjeux pour les entreprises

Le Code du travail impose, depuis 2020, aux entreprises de plus de 50 salariés sur un même site d’intégrer la mobilité dans les négociations obligatoires. Pourtant, seules 30 % d’entre elles disposent aujourd’hui d’un plan structuré à ce sujet. Certains employeurs redoutent une complexité administrative supplémentaire, tandis que d’autres y voient un levier d’attractivité et de performance.Entre contraintes réglementaires et attentes croissantes des collaborateurs, la gestion des déplacements professionnels devient un enjeu stratégique. Les dispositifs en place transforment progressivement les pratiques internes, modifiant la relation au travail et la culture d’entreprise.

Plan de mobilité employeur : de quoi parle-t-on vraiment ?

Le plan de mobilité employeur, souvent désigné sous le sigle PDME, ne se résume plus à une obligation vite expédiée. Porté par la loi d’orientation des mobilités (LOM), il vise très concrètement à repenser les trajets domicile-travail, réduire la dépendance à la voiture individuelle et encourager l’essor de mobilités respectueuses de l’environnement. Sur ce terrain, l’Ademe accompagne depuis plusieurs années les entreprises désireuses d’avancer.

Tout démarre par une analyse minutieuse des pratiques internes : comment les salariés rejoignent-ils leur poste, quels freins rencontrent-ils, quel impact la distance ou les horaires ont-ils sur leurs habitudes ? Ce chantier touche à la mobilité en entreprise mais aussi à la qualité de vie au travail, à la réduction des émissions de CO2 et à la dynamique collective. Impliquer direction, représentants du personnel, collectivités : la construction d’un plan de mobilité s’envisage toujours comme un effort partagé.

Pour mieux comprendre sa structure, voici les piliers majeurs d’un plan de mobilité :

  • Définition du plan de mobilité : il s’agit d’une feuille de route qui oriente et réorganise les déplacements professionnels pour toute l’organisation.
  • Objectifs du plan de mobilité : limiter le recours à la voiture individuelle, rendre le covoiturage, le vélo, les transports en commun et le télétravail plus accessibles à tous.
  • Enjeux : abaisser le bilan carbone global, renforcer la dynamique collective et respecter le cadre légal.

Mettre en place un plan de mobilité réclame méthode et implication. Le diagnostic des habitudes, l’écoute des freins, la recherche de solutions porteuses de sens pour les équipes : chaque étape donne au projet une dimension à la fois sociale, écologique et culturelle au sein de l’entreprise.

Pourquoi les entreprises s’engagent-elles dans une démarche de mobilité ?

Avec l’augmentation des coûts de déplacement, la saturation routière et le durcissement des normes, la mobilité employeur s’impose peu à peu dans la stratégie des entreprises. Le sujet n’est plus optionnel et s’intègre désormais directement aux politiques RH et à la démarche de responsabilité sociétale.

Pour de nombreux dirigeants, la mise en place d’un plan de mobilité est une réelle opportunité d’attirer de nouveaux talents et d’engager leurs collaborateurs sur la durée. On constate des progrès concrets : horaires aménagés, télétravail, aides au covoiturage, valorisation du vélo. Le forfait mobilités durables séduit en offrant de vraies alternatives à la voiture solo.

L’accompagnement repose sur une conviction forte : la transition ne s’impose pas d’en haut, elle se construit dans l’écoute et le dialogue. S’inscrire dans cette dynamique, c’est aussi prendre une longueur d’avance sur les obligations à venir, mais surtout renforcer l’image de l’organisation auprès de ses clients, partenaires et institutions. Le plan de mobilité constitue un levier solide mêlant efficacité, engagement social et virage écologique.

Mettre en place un plan de mobilité : étapes clés et conseils pratiques

Déployer un plan de mobilité employeur suppose de suivre une démarche structurée. Première étape incontournable : le diagnostic mobilité. Il faut réunir toutes les données sur les trajets domicile-travail des équipes, repérer les freins, mesurer les attentes et dresser un état des lieux complet des solutions déjà utilisées. Cette photographie de la réalité terrain détermine toute la suite.

Concertation, sensibilisation, expertise externe : toutes ces ressources donnent du corps au projet. Les attentes sont diverses : certains espèrent des solutions pour faciliter le télétravail, d’autres cherchent des abris sécurisés pour leur vélo, d’autres encore veulent des incitations au covoiturage ou soumettent la question de titres-mobilité.

Pour structurer la démarche, trois grands axes sont essentiels :

  • L’objectif : définir des cibles précises, qu’il s’agisse de réduire la part de la voiture individuelle, d’augmenter les transports durables ou d’améliorer la qualité de vie globale.
  • Le plan d’action : détailler la communication interne, le déploiement du forfait mobilités durables, les éventuels partenariats de mobilité, l’aménagement d’horaires ou d’infrastructures adaptés.

Le suivi assure la cohérence sur la durée : désigner un référent mobilité donne un pilote au dispositif. Mesurer les effets avec des indicateurs, ajuster en fonction des retours et fédérer l’ensemble de l’entreprise autour de ce changement, c’est là que le projet prend toute sa consistance.

Groupe de professionnels avec vélos devant immeuble moderne

Des bénéfices concrets pour les salariés… et pour l’entreprise, avez-vous tout envisagé ?

Les conséquences d’un plan de mobilité dépassent nettement le simple cadre logistique. Côté salariés, on voit rapidement la différence : moins de stress en voiture, déplacements réduits, meilleure articulation entre vie professionnelle et obligations personnelles. Les mesures sur le télétravail, la valorisation du vélo et du covoiturage, ou encore l’accès à un forfait mobilités durables pèsent d’un poids concret sur leur quotidien.

Côté employeur, les atouts sont tangibles. L’entreprise devient plus attrayante, un facteur clé dans un marché du recrutement tendu, et connaît un recul de l’absentéisme aussi bien que du turn-over. La question des émissions de CO2 gagne en cohérence au sein de la politique RSE, tout comme le bilan carbone général de l’organisation.

Parmi les bénéfices observés, on relève notamment :

  • Des parkings moins saturés et une diminution des dépenses liées aux déplacements professionnels.
  • Une image valorisée auprès de toutes les parties prenantes, avec un intérêt croissant pour la mobilité durable.
  • L’émergence de dispositifs comme le crédit mobilité ou le forfait mobilité durable pour proposer de nouveaux services adaptés aux besoins des équipes.

Adopter un plan mobilité entreprise ne consiste pas simplement à additionner des kilomètres économisés. C’est un choix qui transparaît dans la culture interne, le bien-être au quotidien et la capacité à s’adapter aux grands défis écologiques. Les solutions existent. À présent, tout se joue dans la volonté de faire bouger les lignes pour transformer durablement l’expérience de travail.

Plus d’infos