Changer le disjoncteur principal : qui en a vraiment la charge ?

Un disjoncteur principal fatigué n’attend pas que la situation s’arrange d’elle-même. C’est la question d’un lecteur sur le commutateur d’alimentation de branche, ou, pour les plus pointilleux, l’AGCP, qui m’amène à aborder ce sujet aujourd’hui. Soyez attentif. La moindre distraction face à ce genre de manipulation peut coûter cher. N’ignorez aucun point, surtout ceux signalés en rouge dans le texte qui suit.

Question : Puis-je remplacer mon disjoncteur de dérivation moi-même ?

Voici la demande que j’ai reçue :

« Le disjoncteur général dans ma maison est vieux, puis-je le remplacer moi-même ? »

Première explication : à quoi sert exactement le disjoncteur de branchement ?

Dans une installation électrique domestique, plusieurs éléments jouent un rôle clé. Voici ce qu’il faut retenir à propos du disjoncteur connecté :

  • Le disjoncteur de branchement permet d’interrompre l’alimentation électrique de toute la maison en un seul geste.
  • Il marque la séparation entre le réseau public et votre installation privée.

Ce point suscite régulièrement des questions. Pour aller plus loin, j’ai rédigé plusieurs articles complémentaires sur le disjoncteur de branchement :

  • Le disjoncteur de branchement, explication rapide
  • Pourquoi parle-t-on de disjoncteur de dérivation sélectif ?

Deuxième explication : qui prend en charge l’installation ou le remplacement du disjoncteur ?

Avant toute chose, il faut s’arrêter un instant sur la notion de type de branchement. La marche à suivre dépend du mode de raccordement de votre logement au réseau ENEDIS (ex-ERDF).

  • Raccordement électrique de type 1
  • Raccordement électrique de type 2

Pour clarifier rapidement :

Avec un branchement de type 1, un seul disjoncteur de branchement 500 mA est présent dans l’installation. Cet appareil appartient à ENEDIS, qui gère à la fois sa pose et son remplacement. Impossible d’intervenir soi-même sur ce point.

Le branchement de type 2 fonctionne différemment : ENEDIS installe un premier disjoncteur de branchement 500 mA en limite de propriété, puis un second disjoncteur de branchement peut être placé à l’intérieur du logement, sous la responsabilité du propriétaire.

Mon avis sur la question : ce que vous pouvez vraiment faire

À ce stade, la réponse s’impose d’elle-même : tout dépend du type de raccordement dont vous disposez.

Avec un branchement de type 1, vous devez impérativement contacter ENEDIS pour toute intervention sur le disjoncteur principal. Il est hors de question de procéder vous-même au remplacement du commutateur de branche (ou AGCP).

En revanche, avec une installation de type 2, le remplacement du disjoncteur secondaire situé à l’intérieur du logement vous revient, à condition de ne jamais toucher à celui en limite de propriété installé par ENEDIS. Mais prenez toutes les précautions nécessaires : coupez impérativement l’alimentation générale avant toute opération, et assurez-vous d’être vraiment hors tension.

Un point capital : vérifiez toujours l’absence de tension avant d’ouvrir quoi que ce soit. Un excès de confiance n’a pas sa place ici.

Remplacer un disjoncteur n’a rien d’anodin. Si le moindre doute subsiste, si vous n’êtes pas certain du type de raccordement ou de la procédure, contactez ENEDIS avant toute intervention. Ce conseil n’est pas optionnel.

Informations complémentaires : indices pour reconnaître un disjoncteur à ne pas toucher

Pour savoir si vous êtes autorisé à accéder aux bornes situées avant le disjoncteur de branchement, observez un détail : la présence d’un plomb ou d’un clip plastique sur le couvercle du bornier. Ce système de scellement permet de s’assurer qu’aucune manipulation non autorisée n’a eu lieu. Si le plomb est intact, l’appareil n’a pas été ouvert.

Parfois, un câble ou un scellé relie la partie supérieure du disjoncteur. Cela signifie que cette zone est strictement réservée à l’installateur : vous n’avez pas à y toucher. Attention, ce n’est qu’un indice parmi d’autres. Ne vous fiez jamais à un seul signe pour décider de passer à l’action.

Pour lever tout doute, un seul réflexe : contactez les services d’ENEDIS. Ils vous indiqueront sans ambiguïté si le remplacement du disjoncteur vous revient ou non. Ce rappel peut sembler insistant, mais il vaut mieux prévenir que réparer l’irréparable.

Le courant ne laisse jamais place à l’improvisation. Si une hésitation subsiste, mieux vaut décrocher son téléphone que de jouer avec le feu.

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