Qui aime bien châtie bien : Que signifie ce proverbe français ?

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En russe « celui que j’aime je le bats » et en allemand « qui aime son enfant le bat », le proverbe « qui aime bien châtie bien » est très populaire. On l’utilise le plus souvent pour justifier une punition ou une correction à l’endroit de quelqu’un qu’on aime. Que veut dire réellement ce proverbe ?

Comprendre le proverbe « Qui aime bien châtie bien » à partir des origines

Ce proverbe français est une traduction du proverbe latin « Qui bena amat, bene castigat ». Alors que la forme latine est assez compréhensible, la forme française est souvent mal perçue. Cette mauvaise interprétation est due aux multiples significations de l’adverbe « bien ». En effet, dans ce proverbe, le mot « bien » a plusieurs explications. Lorsqu’on prend juste la première partie du proverbe qui dit « Qui aime bien », le mot bien signifie « beaucoup ». Par contre, dans la deuxième partie (châtie bien), le mot « bien » désigne « juste ».

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Au lieu donc de dire « Qui aime bien châtie bien », on aurait dû simplement dire « Qui aime beaucoup châtie juste ». Sous cette dernière forme, vous comprenez certainement mieux le proverbe. Il traduit le fait que plus on aime quelqu’un, plus on le punit justement. Ainsi, souligner les défauts de quelqu’un ou le corriger ne saurait être un mauvais acte. C’est l’expression d’une bonne affection, une preuve d’amitié et d’intérêt envers d’autres personnes. Quand on aime réellement, on cherche l’évolution de la personne aimée, ce qui pourrait passer par des châtiments justes.

Une origine biblique

Plusieurs défendent également l’origine biblique de ce proverbe tant connu. On estime qu’elle tira sa source des proverbes de Salomon. Dans la version Louis Segond de la bible, vous lierez au verset 12 du chapitre 3 du livre des proverbes « Car l’Éternel châtie celui qu’il aime, Comme un père l’enfant qu’il chérit. ». Plus loin dans le même livre, précisément au chapitre 13, verset 24, il est écrit « Celui qui ménage sa verge hait son fils, Mais celui qui l’aime cherche à le corriger ». C’est deux parties de la bible soulignent parfaitement ce que relate le proverbe.

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En 423 av. J.-C., le comédien Aristophane dans l’une de ces scènes écrivait « Bien s’occuper de quelqu’un et le battre ne vont pas l’un sans l’autre ». Il s’agit principalement de la pièce « Les Nuées » qui relatait cette philosophie punitive de l’éducation dans l’histoire d’un fils qui prétendait corriger son père.

Autres expressions de célèbre auteur dans le même sens

Ce proverbe a inspiré plusieurs grands comme qui en ont laissé des phrases intéressantes. On a entre autres :

  • Qui aime bien châtie bien, qui n’aime pas châtie encore mieux » Guy Bedos ;
  • « A ceux qui me châtient parce qu’ils m’aiment bien, je préfère ceux qui me haïssent et me foutent la paix » Raymond Devos ;
  • « Vous auriez tort d’appliquer ici le “qui aime bien châtie bien” du proverbe, car c’est vous que j’aimais bien, et j’entends châtier, même après notre brouille, ceux qui ont lâchement essayé de vous faire du tort » Marcel Proust ;
  • « Entrent parents et enfants, le collage des collages forcé. Cohabitation forcenée. Jusqu’à l’âge d’homme, on vous accouche au forceps. Tête-à-tête de fauve à dompteur dans une cage, à l’infini des jours, féroce. Tendre. Toujours tendu. Le fouet rapproche. Qui est bien châtié bien. Qui est bien châtié aime. La règle, ainsi que fonctionne le système. Mon système. Pas moi qui l’ai inventé, je fonctionne à tour dedans. À plein. » Serge Doubrovsky.

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